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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 21:26

vous trouverez sur le lien ci-dessous une première tentative de transformation des cordels réalisés en vidéo .

http://ateliers-du-cordel.blogspot.fr/

vos remarques seront les bienvenues

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 13:35

les rois,les reines et les valets jouent au jeu du hasard et de l'amour , les plus forts ne sont pas toujours les gagnants !!!

jeu de cartes

Dans un étui de maroquin

Un jeu de cartes était rangé.

Brillantes et douces au toucher

Prêtes à être tenues en main.

C’était un jeu de trente-deux cartes,

Des cartes belles, bien dessinées.

Et sur le dessus de la boîte

Les quatre rois étaient rangés.

Alexandre, le roi de Trèfle

En forme de porte-bonheur.

Il était têtu comme un buffle

Et il était toujours vainqueur.

Un roi tranquille, un roi serein

Et son regard était d’airain,

De qui jamais n’hésitera

Avant de marcher au combat.

Puis César le roi de Carreau

D’un rouge éclatant de flambeau.

On murmurait dedans l’étui

Qu’il craignait de risquer sa vie

Car il se tenait à carreau

Quand le jeu se nommait Bataille

Et c’est souvent, vaille que vaille

Qu’il peinait à être héros.

Et puis David, le roi de Pique

Noir et aigu comme un épieu.

Il montrait de par ses mimiques

Que le combat lui était jeu.

On le craignait, on l’évitait.

Les deux, les trois, humbles vassaux

Courbaient le front et le fuyaient

Quand sa pique se dressait bien haut.

Quant à Charles, rouge roi de Cœur,

Il se savait beau et aimé.

Son cœur était tout en rondeur,

Doux au regard, tendre à aimer.

On enviait ses belles manières

Et sa prestance cavalière.

Il se pensait le roi des rois

Et cela se disait tout bas.

Et cette partie faisait rage

Quatre joueurs en plein ouvrage.

Après la donne et quelques plis

Les quatre rois étaient partis.

Eux qui toujours restaient groupés

S’inquiétaient d’être séparés

Mêlés aux cartes à petits points

Dont on se défaussait soudain.

Puis quand le jeu était coupé

Tout à coup ils se retrouvaient.

Les joueurs abattant leurs cartes

En prenaient d’autres en grande hâte.

Les joueurs s’exclamaient en chœur.

Cela durait depuis des heures…

Parfois, les rois formaient des paires

Mais étaient vite mélangés.

Si l’un d’entre eux tombait à terre,

Une main prompte le ramassait.

Bien vite le jeu reprenait

Et les cartes redistribuées.

Battus, coupés, les quatre rois

Subissaient tout avec émoi

Et quand les joueurs fatigués

Posaient leurs cartes, face cachée

Et prenaient un temps de repos

Afin de se payer un pot,

Les quatre rois, tout effarés,

Parmi les cartes se cherchaient.

Mais vite, la fièvre du jeu

De nouveau brûlait dans les yeux

Regroupant autour du tapis

Les quatre joueurs, des amis.

Les hommes jouaient en silence,

Le front plissé, lèvres serrées

Et la fumée devenait dense

Quand les cigares se consumaient.

Parfois l’un d’eux, d’une voix rauque

Réclamait un demi bien frais

Et dans la lumière un peu glauque

Se discernait le bock givré.

Par la fumée des cigarettes,

L’air était lourd et parfumé.

Quelqu’un ouvrait une fenêtre,

Un autre joueur la fermait.

Les quatre rois bien malmenés

Essayaient de se libérer.

Le roi de Trèfle se démenait.

Le roi de Carreau se cachait.

Le roi de Pique se bagarrait.

Le roi de Cœur le retenait.

Et quand la lune se coucha

Chaque joueur rentra chez soi,

Laissant la pioche abandonnée,

Le jeu de cartes éparpillé.

Dans le silence retrouvé

Les quatre rois cherchaient leurs dames.

Ce n’était pas chose aisée

Ils y mettaient toute leur âme.

Le roi de Trèfle se penchait

Cherchant Argine, son adorée.

Le roi de Carreau, tout tremblant

Appelait Rachel doucement.

Le roi de Pique criait : Pallas!

En imposant sa large masse.

Le roi de Cœur, tout palpitant

Cherchait Judith en murmurant.

Afin de mieux scruter au loin

Les quatre rois firent édifier

Un grand château pour y monter

Tel un donjon des jours anciens.

Le menu peuple se groupa

Créant bientôt cet édifice.

Alors, par quelque maléfice

Le château de cartes chuta.

Le roi de Trèfle se penchait

Cherchant Argine, son adorée.

Le roi de Carreau, tout tremblant

Appelait Rachel doucement.

Le roi de Pique criait : Pallas!

En imposant sa large masse.

Le roi de Cœur, tout palpitant

Cherchait Judith en murmurant.

Afin de mieux scruter au loin

Les quatre rois firent édifier

Un grand château pour y monter

Tel un donjon des jours anciens.

Le menu peuple se groupa

Créant bientôt cet édifice.

Alors, par quelque maléfice

Le château de cartes chuta.

Et c’est alors que les rois

Découvrirent avec effroi

Que leurs dames étaient parties

Avec… les valets sans un bruit.

Hector, Ogier, Lahire, Lancelot

Ces jeunes hommes étaient si beaux .

Mésalliance me direz-vous.

Mais comme le sait chacun de nous,

En amour, c’est de bonne guerre

Tout valet peut être joker !

auteure : Claudine DUVIALARD

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cordel- jean pierre duvialard - dans littérature
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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 13:19
Saci ou comment faire  de rien

chacun s'y prend à décrire ma figure

le chasseur m'a traqué dans les bois

la bonne mère dans son plat

l'enfant malin sous les draps

alors toi l'ami peintre

et toi aussi qui veut chanter

vas si tu veux de la main de la voix

inventer mes allures

et d'autres aventures

encore toujours ce sera moi

les premiers qui m'appelèrent

sont les contes tupis

quand leur venait le bruit comme ça qui fait

sa ci sa ci dans les arbres

alors va quel effroi

les enfants se blottissent

les genoux en frémissent

on brûlait feuilles on faisait voeu

saci dit-on mange le feu

on en disait bien d'autres

qu'un homme avait deux fils

bien beaux forts qu'on enviait

qu'un oncle mena loin

les enivra tua laissa là

leur chagrin plus rien qu'errant

l'un en saci l'autre en oiseau

pour le malheur des gens

ils m'ont cru voir gamin à queue de bête

courir les bois et m'enfuir à tue-tête

ouh ouh l'enfant c'est toi

qui n'as pas d'âge

et que le trouble agace

mais prends soin de ceci

que le saci parti plus rien n'a de grâce

quand on voit fille pâle

dit-on sur la route et sans malle

c'est d'un amour pour moi qu'elle languit

mais comment qu'en ferais-je

moi qui n'ai rien ni nom ni aucune intention

et qui cours tout mon saoul après les papillons

puis un jour ils m'ont vu au creux d'un

tourbillon

sur une seule jambe facétieux négrillon

d'ailleurs à quoi bon l'autre jambe

à qui va comme la toupie tout vif et tout en rond

on dit que c'est maître cruel qui l'ôta

pour me tenir en chaîne

d'autres que c'est en luttant

je la perdis sur le champ

mais tous me reconnaissent au bonnet

vermillon de travers sur la tête

en chaque main trois doigts plus un trou

et partout sortilèges que j'envoie sur les bêtes

pour me tenir regardez les malins

tendent des fils où vont droit les chemins

lancent chiffon sur les poussières

j'y suis c'est fait on me garde en bouteille

car sous le capuchon dit-on je veille

à l'art de vos remèdes

aussi celui qui va pour prendre

les plantes et les secrets et ce qu'il faut en faire

souffre ma colère ou fait de moi son frère

je remue tout

crache dans les plats renverse sel

siffle comme rien que vent méchant

laisse fenêtres toutes ouvertes

et le lait tourne et le pain brûle

les mouches dans la soupe

les moustiques et les puces

c'est moi c'est moi

et le cheval hors de l'enclos

qui s'en va vite tout au galop

rien que rumeur et que grelots

et j'insiste et je dure

à tracasser la vie des gens

soixante dix-sept ans

en guise de fin me voilà champignon

de moi ne reste rien plus que le poison

on se rassure en rappelant que j'ignore

par où le gué à travers les ruisseaux

mais pensez donc j'habite les eaux

de vos songes qui font un peuple

de sacis réunis chaque nuit

pour s'accroître et confondre


ainsi j'ai gagné les villes et chaque maison

à travers les inventions de vos télévisions

je réjouis paraît-il il vaut mieux que faire peur

avec des farces et des malices

qui apaisent les désirs de vos longues révoltes


attendez donc le jour quand vous serez dehors

car jamais le saci ça on sait ne s'endort

Belem - brésil - septembre 2009

auteur : François DUVIALARD

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:59
le plus beau des cantiques

Qu'il me baise des baisers de sa bouche !


Car ton amour vaut mieux que le vin,
Tes parfums ont une odeur suave;
Ton nom est un parfum qui se répand;
C'est pourquoi les jeunes filles
t'aiment.
Entraîne-moi après toi!


Nous courrons!


Le roi m'introduit dans ses appartements...
Nous nous égaierons, nous nous réjouirons à cause de toi;
Nous célébrerons ton amour plus que le vin.
C'est avec raison que l'on t'aime.
Je suis bronzée, mais j
e suis belle, filles de Jérusalem, …

Tes joues sont belles au milieu des colliers,
Ton cou est beau au milieu des rangées de perles.
Nous te ferons des colliers d'or,
Avec des points d'argent.
- Tandis que le roi est dans s
on entourage,
Mon nard exhale son parfum.


Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe,
Qui repose entre m
es seins.


Mon bien-aimé est pour moi une grappe de troène
Des vignes d'
En Guédi.


- Que tu es belle, mon amie, que tu es belle !
Tes yeux sont des colombes.
- Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es aimable !
N
otre lit, c'est la verdure.

Mon bien-aimé parle et me dit:
Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens !
Car voici, l'hiver est passé;
La pluie a cessé, elle s'en est allée.
Les fleurs paraissent sur la terre,
Le temps de chanter est arrivé,
Et la voix de la
tourterelle se fait entendre dans nos campagnes.


Le figuier embaume ses fruits,
Et les vignes en fleur exhalent leur parfum.
Lève-toi, mon amie, ma
belle, et viens!


Ma colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher,
Qui te caches dans les parois escarpées,
Fais-moi voir ta figure,
Fais-moi entendre ta voix;
Car ta voix est douce, et ta figure est agréable.
Prenez-nous les renards,
Les petits renards qu
i ravagent les vignes;
Car nos vignes sont en fleur.


Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui;
Il fait paître son troupeau parmi les lis.
Avant que le jour se rafraîchisse,
Et que les ombres fuient,
Reviens!... sois semblable, mon bien-aimé,
A la gazelle ou au faon d
es biches,
Sur les montagnes qui nous séparent.

Sur ma couche, pendant les nuits,
J'ai cherché celui que mon cœur aime;
Je l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé...
Je me lèverai, et je ferai le tour de la ville,
Dans les rues et sur les places;
Je chercherai celui que mon cœur aime...
Je
l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé.


Les gardes qui font la ronde dans la ville m'ont rencontrée:
Avez-vous vu celui que mon cœur aime ?
A peine les avais-je passés,
Que j'ai trouvé celui que mon cœur aime;
Je l'ai saisi, et je ne l'ai point lâché
Jusqu'à ce que je l'aie amené dans la maison de ma mère,

Dans la chambre de celle qui m'a conçue.

Que tu es belle, mon amie, que tu es belle !
Tes yeux sont des colombes,
derri
ère ton voile.


Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres,
Suspendues aux flancs de la montagne de
Galaad.


Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues,
Qui remontent de l'abreuvoir;
Toutes portent des jumeaux, Aucune d'elles n'est stérile.
Tes lèvres sont comme un fil cramoisi,
Et ta bouche est charmante;
Ta joue est comme une
moitié de grenade,
derrière ton voile.

Tu me ravis le cœur, ma sœur, ma fiancée,
Tu me ravis le cœur par l'un de tes regards,
Par l'un des colliers
de ton cou.


Que de charmes dans ton amour, ma sœur, ma fiancée !
Comme ton amour vaut mieux que le vin,
Et combien tes parfums sont plus suaves que tous le
s aromates !


Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée;
Il y a sous ta langue du miel et du lait,
Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban.
Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée,
Une source fermé
e, une fontaine scellée.


Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers,
Avec les fruits les plus excellents,
Les troènes avec le nard;
Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome,
Avec tous les arbres qui donnent l'encens;
La myrrhe et l'aloès,
Avec tous les principaux aromates;
Une fontaine des jardins,

Une source d'eaux vives,
Des ruisseaux du Liban.

Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s'en exhalent !
- Que mon bien-aimé entre dans son jardin,
Et qu'il mange de ses fruits ex
cellents !

J'entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée;
Je cueille ma myrrhe avec mes aromates,
Je mange mon rayon de miel avec mon miel,
Je bois mon vin a
vec mon lait...


-Mangez, amis, buvez, enivrez-vous d'amour !
- J'étais endormie, mais mon cœur veilla
it...


C'est la voix de mon bien-aimé, qui frappe:
- Ouvre-moi, ma sœur, mon amie,
Ma colombe, ma
parfaite !


Car ma tête est couverte de rosée,
Mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit.
- J'ai ôté ma tunique; comment la remettrais-je ?
J'ai lavé mes pieds; comment les salirais-je ?
Mon bien-aimé a passé la main par la fenêtre,
Et mes entraille
s se sont émues pour lui.


Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé;
Et de mes mains a dégoutté la myrrhe,
De mes doigts, la myrrhe répandue
Sur la poignée du verrou.
J'ai ouv
ert à mon bien-aimé;

Où est allé ton bien-aimé,
O la plus belle des femm
es ?


De quel côté ton bien-aimé s'est-il dirigé ?
Nous le chercherons avec toi.
Mon bien-aimé est descendu à son jardin,
Au parterre d'aromates,
Pour faire paître son troupeau dans les jardins,
Et pour cueillir des lis.
Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi;
Il fait paître
son troupeau parmi les lis.

Qui est celle qui apparaît comme l'aurore,
Belle comme la lune, pure comme le soleil,
Mais terrible comme des troupes sous leurs ban
nières ?


- Je suis descendue au jardin des noyers,
Pour voir la verdure de la vallée,
Pour voir si la vigne pousse,
Si les grenadiers
fleurissent.


Je ne sais, mais mon désir m'a rendue semblable
Aux chars de mon noble peuple.
- Reviens, reviens, Sulamithe !
Reviens, reviens, afin que nous te
regardions.

Que tu es belle, que tu es agréable,
O mon amour, au milieu des délice
s !


Ta taille ressemble au palmier,
Et tes seins à des grapp
es.


Je me dis: je monterai sur le palmier,
J'en saisirai les rameaux !
Que tes seins soient comme les grappes de la
vigne,


Le parfum de ton souffle comme celui des pommes,
Et ta bouche comme un vin excellent,...
- Qui coule aisément pour mon bien-aimé,
Et glisse sur les lèvres de ceux qui s'en
dorment !


Je suis à mon bien-aimé,
Et ses désirs se portent vers m
oi.


Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs,
Demeurons dans les villages !
Dès le matin nous irons aux vignes,
Nous verrons si la vigne pousse, si la fleur
s'ouvre,

Si les grenadiers fleurissent.
Là je te donnerai mon amou
r.


Les mandragores répandent leur parfum,
Et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits,
Nouveaux et anciens:
Mon bien-aimé, je les ai gardés pou
r toi.

Oh! Que n'es-tu mon frère,
Allaité des mamelles de ma mère !
Je te rencontrerais dehors, je t'embrasserais,
Et l'on ne me mépriserait pas.
Je veux te conduire, t'amener à la maison de ma mère;
Tu me donneras tes instructions,
Et je te ferai boire du vin parfumé,
Du moût de mes grenades.
Que sa main gauche soit sous ma tête,
Et que sa droite
m'embrasse!
.....


- Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
Ne réveillez pas, ne réveillez pas l'amour,
Avant qu'elle le veui
lle.

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:45
Mimosa l'ânesse de Penroc

Grise, une croix plus sombre sur le dos

Mimosa de race provençale

Est née et vit en Bretagne.

Penroc, lieu-dit, verdoyant d’herbes,

une terre humide, une source, un puits.

Plus haut, dans son enclos, une terre sèche où

Mimosa se roule les quatre sabots en l’air soulevant

un nuage de poussière emporté par le vent.

Jeune, deux moutons noirs de race ouessant

accompagnaient ses courses et ruades joyeuses.

Maintenant plus grande, plus forte,

les moutons ont été placés dans un autre pré.

L’enclos qui préserve Mimosa devenait trop petit.

Seuls des poules et des coqs nains passent

rapidement dans l’enclos, de peur d’être écrasés par

l’ânesse qui se fait un plaisir de les poursuivre.

Telle un gros chien, l’ânesse Mimosa surveille les

alentours.

Un petit chemin au bord de l’enclos

conduit vers une rivière poissonneuse.

Des enfants passent. Mimosa courre à leur

rencontre !un voisin pêcheur, la canne à l’épaule,

lui caresse le museau, fouille dans sa poche

où un croûton de pain lui est réservé.

Mimosa aime la compagnie, les caresses

et parfois son maître a le bonheur

de sa tête posée sur son épaule,

yeux dans les yeux,

odeur mêlée d’herbes et de crinière,

sa langue chaude et humide passe sur son bras.

Il a bien essayé de monter sur sa croupe

mais Mimosa est indépendante !

Elle se cabre, tourne brutalement

faisant tomber l’intrus !

Son grand plaisir, la promenade

dans les petits chemins environnants.

Au milieu des champs de maïs

l’herbe des bordures de chemins est goûteuse.

Mimosa se sent libre surtout lorsque ses maîtres

défont délicatement la longe.

Alors, elle peut, dans un trot rapide,

Partir en avant d’eux et surtout se cacher

A l’ abri d’un arbre et profiter de l’herbe

Différente de l’enclos .

Ses maîtres arrivent, la caressent, la rattachent

Et , après quelques heures de cette promenade

Sur les chemins, au bord des routes, au bord de la

rivière Mimosa retrouve l’enclos, heureuse .

Un jour, une petite carriole métallique

S’ajoute à son harnachement.

Mimosa aime bien car les deux brancards la guident.

Elle se sent en sécurité.

Assis à l’arrière ses deux maîtres et leur chienne

Sont fiers d’être conduits par leur ânesse Mimosa.

Lorsque le chemin s’y prête, un petit trot,

un petit galop secoue la carriole.

La chienne n’apprécie pas et saute sur le côté !

Mimosa aime, elle est joueuse,

et surtout, si la chienne essaie de la doubler

l’ânesse se place sur le côté l’empêchant de la

dépasser.

Mimosa domine, elle savoure.

La pluie et le froid n’ont pas d’effets sur Mimosa.

L’hiver lorsque quelques flocons de neige

se posent sur sa crinière, son souffle devient

brumeux, ses paupières se baissent et à l’abri d’une

remise elle se sèche tirant sur de la paille placée

pour ses repas.

Les années passent tranquilles et Mimosa,

du lieu-dit Penroc ,en Bretagne, entend au loin

les braiements d’un autre âne.

Son instinct, ses sens sont en éveil.

Quelque chose lui manque !

Sous sa queue une curieuse vibration

rend son caractère plus ombrageux.

Même les caresses de ses maîtres ne suffisent plus

pour calmer cette envie profonde d’autre chose.

Ceux-ci ressentent chez leur ânesse ce besoin

et décident d’un commun accord

de la laisser s’approcher d’un âne.

Basile est très velu ! un âne du Poitou dit-on !

A la découverte de cette magnifique ânesse

son sang d’étalon se réchauffe.

Il la frôle, lui mord légèrement le cou.

Mimosa se détourne, s’éloigne jauge l’âne.

Basile revient, se colle, la renifle, la mord à

nouveau. Et ainsi se passa la première rencontre de

Basile et Mimosa !Durant plusieurs jours les deux

ânes ,

eurent pleins d’échanges. Mimosa découvrit

la force de son compagnon mais sans le fuir.

Les mois passèrent et les maîtres de Basile

remplacèrent les maîtres qui avaient élevés

Mimosa.

Des enfants s’ajoutèrent à ses jeux et promenades.

Elle oublia Penroc , son enclos, sa carriole.

Mimosa mit au monde une petite ânesse.

Elle la nourrit, la protégea sous l’œil admiratif

de sa nouvelle famille.

Parfois elle se souvenait des promenades,

de sa tranquillité à vivre.

Seule elle ne s’ennuyait pas mais la présence

de l’âne Basile changeait la donne.

Ses galopades dans le pré, ses ruades,

ses courses avec l’âne faisaient l’admiration de

tous.

Aujourd’hui, ses anciens maîtres ont quittés

Penroc, ont quittés la Bretagne.

Ils sont en Provence où courent dans les garrigues

et les près séchés par le soleil des ânes

de la race provençale , comme Mimosa ,

la même croix foncée sur leur dos gris.

Ils ne peuvent s’empêcher de penser avec nostalgie

aux riches heures passées en compagnie de

Mimosa.

Chacun suit son chemin .

humains et animaux !

L’important est la trace indélébile

du bonheur reçu.

Petits et grands moments

immuables, ancrés dans la mémoire,

indispensables détails permettant

de pouvoir en recréer d’autres.

auteur : jean pierre DUVIALARD

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 13:12

 

 

Un peu avant l’an mil,

 

dans le royaume de Provence, encore italien,

 

s’édifia une forteresse à l’emplacement

 

d’une tour en bois, refuge des habitants

 

du fief de La Verdière, sur la route de

 

Castellanne à Arles. Route qui à cette époque

 

reliait l’Italie à l’Espagne.

 

Poules, chiens, cochons, chèvres et moutons

 

circulaient librement au sommet de la colline

 

calcaire couverte de chênes blancs et de chênes

 

verts délivrant les glands à l’automne.

 

A la venue des comtes de Castellane sur leurs

 

terres,les habitants se réunirent et s’opposèrent

 

à la création de cette forteresse destinée

 

à contenir une garnison de trois cents hommes.

 

Les habitants étaient menés par un berger

 

vigoureux et de grande taille.

 

 

Au bas de la tour en bois une petite chapelle

 

 

servait à accueillir les vieillards , les malades , les

 

 

femmes et les enfants qui, dans les périodes

 

 

troublées venaient y trouver asile.

 

 

Dans cette chapelle se réunissaient également

 

 

les proches du meneur nommé Nicolas.

 

 

Il portait un grand manteau de peaux, ouvert et

 

 

flottant sous le mistral et, entouré d’une centaine

 

 

de moutons, il était impressionnant .

 

 

Devant cette fronde, les comtes de Castellanne

 

 

firent venir les troupes afin de faire rendre

 

 

raison aux habitants du fief de La Verdière.

 

 

Les hommes armés mirent au pas les opposants

 

 

et les condamnèrent à la construction et à

 

 

l’entretien à vie de la forteresse en lieu et place

 

 

de la tour située à l’extrémité nord de la

 

 

colline. La petite chapelle et la tour en bois

 

 

furent détruites

 

 

afin de laisser la place à un château fortifié

 

 

composé de deux immenses salles superposées.

 

 

Sur le coté nord les comtes firent édifier une

 

 

petite église reliée directement à la forteresse.

 

 

Dans les soubassements, creusés dans la pierre,

 

 

des petites salles servant de cachots furent

 

 

également construites.

 

 

Le meneur de la fronde, Nicolas le berger, fut

 

 

attrapé après une longue chasse dans les bois

 

 

environnant la colline.

 

 

La soumission des habitants s’étant passée sans

 

 

faire couler le sang de part et d’autre, les

 

 

comtes laissèrent la vie sauve à Nicolas le

 

 

berger, mais il fut attaché

 

 

et condamné à casser des pierres jusqu'à la fin

 

 

de l’édification de la forteresse.

 

 

Après quelques mois, le 15 Août jour de

 

 

l’Assomption,

 

 

par une nuit d’été où le mistral dégageait le ciel

 

 

faisant apparaître des milliers d’étoiles, à la

 

 

levée du jour, les hommes chargés d’organiser

 

 

les travaux ne découvrirent à la place du berger

 

 

Nicolas qu’un grand manteau de peaux et une

 

 

aire de bottes posées sur les pierres.

 

 

Personne, même parmi les habitants , ne sut

 

 

ce qui s’était passé.

 

 

Les guetteurs n’avaient rien entendu, les chiens

 

 

n’avaient pas aboyé.

 

 

Sans ses habits pour se protéger le berger

 

 

risquait de ne pas aller très loin !

 

 

Certains parlaient de magie, d’autres de

 

 

sorcellerie !

 

 

Le berger vivant seul, pas un habitant du fief

 

 

de La Verdière ne reçu ses confidences.

 

 

Enfin… c’est ce que les habitants déclaraient !

 

 

 

Les mois passèrent, le château fortifié

 

 

apparaissait progressivement au sommet de la

 

 

colline de calcaire.

 

 

Tous les voyageurs passant sur la route

 

 

faisaient un arrêt pour admirer la puissance

 

 

de cette forteresse.

 

 

Seule une ouverture placée à coté de l’entrée

 

 

de la petite église donnait accès au château

 

 

fortifié. Une salle fut construite puis enfin une

 

 

autre où trois cents hommes de garnison

 

 

s’installèrent. Ils firent vivre les habitants

 

 

autour de la forteresse.

 

 

Viandes, légumes, fruits et vins produits sur

 

 

place rendaient cette région calme et prospère.

 

 

Seule , certaines nuits , à l’intérieur du

 

 

château, une curieuse vibration venant du

 

 

centre de la colline sur laquelle était bâtie la

 

 

forteresse indisposait les hommes durant leur

 

 

sommeil.

 

 

Cela se produisait de plus en plus souvent

 

 

laissant un curieux sentiment de malaise.

 

 

Les habitants les plus anciens qui avaient connu

 

 

la période où le château fut bâti se rappelèrent

 

 

la disparition étrange du berger Nicolas.

 

 

On parlait, on imaginait mille choses sur cette

 

 

vibration. On se souvenait que le berger

 

 

connaissait bien les alentours de la colline, les

 

 

différents passages et les petites grottes .

 

 

Pourquoi ne se serait-il pas caché au pied de la

 

 

colline vers l’ouest où coulait un beau ruisseau

 

 

et, de là, il aurait pu creuser une galerie qui

 

 

aboutirait au cœur de la forteresse ?

 

 

certaines parties basses du château se

 

 

couvraient de fentes qui s’élargissaient au fil du

 

 

temps.

 

 

Les creux construits dans la roche, pour servir

 

 

de cachots et de salles de tortures se

 

 

remplissaient progressivement de pierres

 

 

écroulées,

 

 

Comme si ces lieux ne devaient plus exister.

 

 

A chacun de leurs passages les seigneurs

 

constataient les dégradations et ces curieuses

 

vibrations venues du dessous de la forteresse.

 

Lors des fêtes et des réunions les habitants

 

écoutaient les anciens raconter leurs luttes

 

pour ne pas que se construise le château !

 

La garnison fut transportée dans un autre lieu !

 

Le château resta un très long temps inoccupé !

 

Et les habitants du fief de La Verdière

 

appelèrent leur église «  Assomption » , jour de

 

la disparition du berger Nicolas.

 

Encore aujourd’hui, mille ans plus tard, certains

 

habitants du village de La Verdière imaginent

 

les salles de tortures,les cachots et des

 

passages sous la colline conduisant au château

 

et même, certaines nuits, ils ressentent une

 

curieuse vibration……..mais chut !

 

laissons le mystère pour dans mille ans !!!!!!!!!

 

 

 

 

 

 

auteur  :  jean pierre  DUVIALARD

 

 

mystère au chateau de la verdière
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jean pierre duvialard - dans littérature
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 09:33

Jean est berger. Il a seize ans.

 

Jeanne est bergère, seize ans aussi.

 

Tous deux ont en charge un troupeau.

 

Deux cents ovins qui se déplacent en un long ruban

 

sur les chemins poussiéreux du Lot.

 

Un lent et sourd piétinement ponctué du battement

 

des sonnailles et redons.

 

Car Jean et Jeanne sont responsables de la

 

transhumance de ce troupeau d’animaux

 

qui appartiennent à deux propriétaires de la région.

 

 

Tondus, marqués, cloches au cou, les animaux

 

se sont ébranlés.

 

Ce sont d’abord les étroites ruelles villageoises

 

puis, les chemins des collines, ces sentes pierreuses

 

qui ont vu passer les troupeaux d’antan.

 

Il faut longer les murets de pierres sèches

 

environnés du chant des grillons sous une chaleur

 

qui ne faiblit pas. Et, le soir venu,

 

 

regrouper le troupeau qui se repose enfin

 

 

sous l’œil des chiens  Zaï et  Zec ,

 

 

indispensables compagnons des bergers.

 

 

Il faut les voir guetter le signal de leurs maîtres,

 

 

prêts à bondir pour ramener la brebis vagabonde,

 

 

presser les traînards ou resserrer l’ensemble

 

 

du troupeau regroupé en l’entourant d’un cercle

 

 

de galopades effrénées.

 

 

Dormez, moutons, dans le thym, le romarin et

 

 

la sauvage lavande odorante des collines.

 

 

Reposez vos pattes graciles qui ont parcouru tant

 

 

de kilomètres hier, aujourd’hui et recommenceront

 

 

demain leur lente progression vers le Lioran

 

 

et sa riche et nourrissante herbe verte .

 

 

Soudain, Zaï  lève la tête et hume l’air,

 

 

inquiet, la queue ramassée entre les pattes.

 

 

Zec, le plus jeune se réfugie près de ses maîtres.

 

 

Les brebis se dressent sur leurs pattes encore

 

 

tremblantes de fatigue : l’inquiétude des chiens

 

 

leur est sensible.

 

 

Bientôt tout le troupeau est debout, sur le qui-vive,

 

 

se bousculant dans l’espoir de se fondre au sein

 

 

des toisons odorantes.

 

 

Jean et Jeanne scrutent le ciel.

 

 

De sombre, la nuit est devenue d’un noir profond.

 

 

Plus d’étoile, plus de lune.

 

 

Une forte odeur de terre monte des bois

 

 

de chênes plus lointains.

 

 

Silence. Attente. Hommes et bêtes impuissants

 

 

devant la nature .

 

 

Alors, le vent se lève.

 

 

Tout d’abord léger il commence à faire bruire

 

 

les feuillages assoiffés .

 

 

Les odeurs de la nuit s’exaltent .

 

 

Une hulotte passe en un vol silencieux, pressée

 

 

de regagner son abri dans un tronc d’arbre creux.

 

 

Le vent augmente, devient de plus en plus fort.

 

 

Les feuilles des grands chênes se retournent

 

 

et montrent leur face cachée.

 

 

Le troupeau piétine , les dos ondulent

 

comme des vagues.

 

Les chiens ont de plus en plus de mal à contenir

 

le cercle laineux bien clos.

 

Qu’une bête s’échappe et c’est la fuite éperdue,

 

inconsciente du danger et l’assurance de nombreux

 

animaux perdus, blessés ou morts.

 

Soudain, des éclairs aveuglants zèbrent le ciel.

 

L’orage tonne violemment juste au-dessus

 

du troupeau fou de peur.

 

-vite, crie Jean, poussons- les vers  Carayac.

 

 

Les bêtes seront rassurées derrière les vieux murs.

 

L’ antique  cazelle ruinée se dresse à peu de distance,

 

au sommet de la colline où le vent s'élance.

 

Ce ne sont plus que pans de murs, éboulis de

 

pierres, ouvertures béantes envahies par une

 

végétation folle.

 

Sous la lumière aveuglante des éclairs, les ruines

 

offrent un spectacle hallucinant. Le vent rugit

 

 

 

entre les pierres, sa violence fait s’ébouler

 

des lauzes en équilibre précaire.

 

Jean et Jeanne, aidés de leurs chiens, poussent

 

le plus rapidement possible le troupeau vers

 

les restes de l'abri.

 

Il était temps !

 

 

Les bêtes affolées allaient rompre

 

la ronde des chiens.

 

Il est bon d’avoir ce rempart face au éléments

 

déchaînés, de pouvoir s’adosser aux murs de pierres sèches.

 

Bientôt, la pluie d’orage d’une violence inouïe

 

s’abat sur tous.

 

C’est que les orages du Quercy ne connaissent

 

que violence et démesure.

 

Le risque est grand de voir la foudre tomber

 

près du troupeau. Et si le feu se déclare c’est la

 

fuite aveugle et la mort certaine de la plupart

 

des animaux confiés à la garde des jeunes bergers.

 

Jeanne pleure, dans les bras de Jean.

 

 

Tous sont trempés, terrorisés.

 

Eclairs aveuglants, tonnerre assourdissant

 

se multiplient entre les vieux murs encore debout.

 

La pluie redouble, glisse sur le sol des grandes

 

sécheresses qui ne peut l’absorber et s’écoule

 

bientôt en torrent de boue menaçant d’emporter

 

les plus faibles.

 

Il faut tenir. Subir les éléments déchaînés.

 

Croire que tout cela aura une fin heureuse en dépit

 

du vent fou et furieux qui bouscule les bêtes

 

et menace de renverser les humains.

 

Bêtes et gens réunis dans une même épouvante

 

immobiles, épuisés, se taisent.

 

Mais peu à peu la pluie ralentie.

 

Elle est encore violente mais moins semble-t-il.

 

Le vent perd de son intensité. Les éclairs diminuent

 

puis cessent et l’orage s’éloigne.

 

La pluie se calme puis s’arrête. Le vent est tombé.

 

 

Les moutons ont senti la fin de l’orage :

 

le danger est passé.

 

Le troupeau commence à bouger doucement.

 

Il semble que deux cents petits museaux dressés

 

respirent l’odeur de l’accalmie.

 

Les chiens s’ébrouent et viennent quémander

 

des caresses de réconfort.

 



Rassurés, les chiens se pelotonnent . Ils savent

 

que le troupeau ne bougera plus de la nuit et

 

que leur surveillance peut-être plus légère.

 

Jean et Jeanne dans leurs habits trempés, se

 

tiennent les mains et se contemplent en silence,

 

heureux d’être encore en vie, heureux de se

 

regarder,heureux de se toucher.

 

 

Et dans la  cazelle de Carayac rendue aux

 

souvenirs de son passé, près du troupeau assoupi

 

et des chiens somnolents,

 

 

Jean et Jeanne échangent un premier baiser.

 

 

 

 

 

 

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claudine duvialard - dans littérature
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 13:19

LA LEGENDE DES CIGALES

Terre de transhumance,
Terre de soleil et de vent
Les anges passaient leurs vacances
Dans ce pays ardent
Aux beautés naturelles, la Provence.

Les couleurs, l'air, la mer
Partout des lieux bénits.
Les anges foulant cette terre
Furent énormément surpris
D'une chose qui les rendit amer.

Pas une âme qui-vive
A l'abri des calanques.
Personne qui arrive
Aux sommets des restanques,
Seuls des anges sur les rives!

Eux qui révaient d'oliviers
De beaux champs de vignes
Rien, seuls des vergers oubliés
Remplis d'herbes indignes
Où le silence est convié.

Décus, ils allèrent sonner
A la porte du presbytère
Où un curé fut tout étonné
Dans sa maison prospère
De son sommeil ainsi détourné.

Les anges stupéfaits et navrés
Demandèrent où étaient les hommes.
Le curé, les yeux à demi fermés,
Encore engourdi de son somme
Se posa sur la pierre de la cheminée ;

Mais vous n'êtes pas informés
Qu'ici, dans le Sud, la chaleur
Du soleil nécessite de se reposer
Pour un grand temps réparateur
Dont le seigneur nous a doté.

Allongés sous les arbres
Ou sur une douce litière
Les hommes restaient de marbre
Dans le silence de leur chaumière
Rèvant ou fumant une bouffarde.

Mais quand travaillent-ils?
Les anges étaient très étonnés!
Le curé fronça les sourcils...
Mais à la fraiche! Tous penchés
Vers la terre et avec leurs outils!

De retour dans les cieux
Les anges allèrent raconter
Au maître des lieux
Ce silence, trop présent en été,
Et par trop malicieux.

Je vais créer un animal
Qui chantera si fort
Que tout l'espace provencal
A l'heure du midi, sans réconfort,
Réveillera la population provinciale.

C'est ainsi que les cigales chantèrent
Chaque été accrochées aux branches
Et par leur son strident réveillèrent
Les populations assoupies sur leur planche
Et vers leurs travaux les accompagnèrent.




poème extrait  des " Légendes de nos provinces françaises "  auteur  Jean Pierre DUVIALARD

édition  LES ATELIERS DU CORDEL

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 14:29
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L’histoire  d’ amour de
bouche  et  coeur
 
Écoutez donc cette histoire,
Vous les ventrus, toi la jeune pousse.
Une histoire de vie et d’amour,
Sentiment que nous recherchons tous.
Elle est véridique, elle l’a écrit.
Je l’ai reçue comme une secousse.
 
Elle, c’est un beau brin de femme.
Torticolis à son passage.
Cheveux noirs et yeux d’amandes,
Regard coquin pas toujours sage.
Pourtant rien de choquant en elle.
Elle est belle, légère : tout un voyage.
 
Elle est jolie, elle s’appelle  Fanny.
Mais entre nous, nous l’appellerons Cœur.
Car n’oubliez pas pourquoi vous êtes là :
Pour une belle histoire de bonheur.
Tout en elle ne sera pas rose,
Mais rien ne sera de mauvaises mœurs.
 
Lui est décidé et passionné,
Il a une chérie, une petite frappe.
Tous les jours il s’assoie face à elle,
Puis lève la main : il la tape.
De bonheur, elle s’offre à lui.
Et il le sait : il la frappe.
 
Ce jour là, il est de passage.
Un musicien, de jazz amateur,
Car vous l’aurez peut être bien compris
Notre ami est un jeune batteur
D’une formation de jazz
Au futur prometteur.
Il est beau gosse, s’appelle John Smith.
Mais, maintenant, nous l’appellerons Bouche.
Car il en a une, de grande et de douce,
Qui à tous les coups fait mouche.
Des cris aux susurrements,
Tout sonne vrai dans cette bouche.
 
A Toulouse, France, ville rose,
Bouche a rencontré Cœur.
Jolie Cœur a écouté belle Bouche,
Qui s’énervait de tout son cœur
Sur celle qui l’accompagnait
Et ce jusqu’à point d’heure.

 

Bouche est nord américain.
 
John Smith ne sonne pas français.
A vrai dire peu importe son nom
Le fait est que ce grand illuminé
A touché le cœur de notre Cœur,
Qui depuis ne s’en est pas libéré.

  

Une soirée, un concert, un instant,
Et Cœur en est restée bouche bée.
Bouche a accepté les éloges,
Et a accepté de poursuivre la soirée.
De Cœur, Bouche s’était épris,
Mais c’est Coeur qui allait morfler.
 
Je vous passerai la magie de la nuit,
Car elle ne concerne qu’eux.
Sachez juste que l’eau à la bouche
A envahi Cœur jusqu’à la pointe de ses cheveux.
Bouche est allé droit à son cœur
En étant juste lui-même, heureux.

  

Embrassant à cœur que veux-tu,
Des cœurs gros comme ça qui se touchent,
Bouche et Cœur se passionnent et s’aiment.
Grand coup de cœur et à pleine bouche,

 

Debout, couchés, habillés et nus,
Bouche en cœur, et Cœur pour Bouche.

  

Même si à cœur vaillant rien d’impossible,
Bouche a arraché le cœur à notre Cœur.
Car Bouche a le cœur à l’ouvrage
D’être reconnu comme le batteur
De cette musique qui le fait vivre.
Alors ce n’est peut-être pas encore l’heure.
  
Le lendemain, Bouche s’en est allé,
Laissant tout seul un petit coeur.
Rien de mal embouché,
Il n’est pas bourreau des coeurs.
Mais Cœur se sent déchirée.
Seule et en silence, elle pleure.
 
 
On lui dit qu’elle est bien naïve,
Et c’est vrai qu’elle a un coeur d’enfant.
Mais elle en a gros sur le cœur.
Alors ne la jugez pas pour autant !
Car, qui peut ne pas souhaiter l’amour,
Ne mérite pas d’être vivant.
 
Notre triste Cœur est enfermée,
Change alors de forme pour un triangle.
Une forme pointue et défensive,
Qui n’inspire pas la douceur des angles.
Trois directions opposées
Qui petit à petit l’étranglent.
Vers l’hier, vers le passé,
 
Toujours le même mot à la bouche.       
Vers l’aujourd’hui, vers le présent,       
Dessert ou simple mise en bouche ?       
Vers le demain, vers le futur,       
Liberté d’aimer, avec ou sans Bouche.
       
A vous, mes amis, je vous le dis,       
Peu m’importe les cœurs d’artichaut,      
Les cœurs de laitue ou de bois,       
Les cœurs sur la main et les cœurs gros.      
Avoir bon cœur ou mal au cœur,      
Juste avoir un cœur pour aimer… trop.
       
 
Car j’aime la soif et la faim,       
De tendresse, d’amour et de vie       
Des je-m’en-foutistes du qu’en dira-t-on.
 
  
                                                                                                   FIN
  ( la copie ou l'utilisation de ce texte est interdite sans l'autorisation de l'auteur)   

 

texte écrit par Nicolas DUVIALARD

texte lu par Jean Pierre DUVIALARD avec accompagnement musical écrit par Michel LEGRAND

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 13:52

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Le  Sanglier  de  l’Auvière

 

  

Début septembre, un grand champ de vignes

bordé d’oliviers au pied d’une colline.

Des chênes verts.

Des chênes blancs.

Les feuilles de vignes aux pourtours  mordorés

frémissent sous le petit mistral.

Lieu dit l’Auvière, terre sèche,

pierreuse, jaunie sur fond de ciel bleu.

Ce matin la rosée perle sur les feuilles.

Une légère brume, il fait froid.

Les vendanges n’ont pas commencé,

des grappes rouges pendent, telles des bijoux,

remplies de jus sucré par le soleil.

Cette nuit, le champ a été labouré en boutis

par quatre pieds aux ongles durs.

Un groin a fouillé le sol des sillons    

et par endroits, quelques restes  

de grappes écrasées et sanguinolentes.

 



Midi,  la rosée matinale a disparu.

 

L’air, chauffé par le soleil est pur.

 

Comme chaque jour le papé Guy, sur son vieux vélo,

 

fait la tournée des vignes,

 

surveillant le degré d’alcool

 

du jus des raisins avant la vendange.

 

Une pie s’échappe du champ de vignes.

 

Le papé descend de son vélo,

 

l’appuie sur le tronc d’un vieil olivier

 

La pie a prévenu !

 

Le sanglier est passé à l’Auvière.

 

La chasse est ouverte depuis quelques jours.

 

Encore un solitaire ! pense Guy en se penchant

 

sur les traces encore fraîches.

 

Au sommet de la colline, sous les chênes,



le sanglier solitaire dort,

 

caché par un muret de pierres

 

protégeant un lit de broussailles sèches et odorantes.

 

Depuis l’an dernier il a découvert l’Auvière.

 

Terre de nourriture où l’homme ennemi

 

est occupé aux tâches vigneronnes.

 

Les chiens courants ne flairent pas son refuge

 

car le vent éloigne ses odeurs.

 

Malgré sa masse imposante

 

il réussit à ne pas être vu.

 

Ses yeux noirs et ses narines frémissantes

 

savent repérer l’approche des prédateurs.

 

Papé Guy n’est pas surpris

 

des trous sur ses terres.

 

Il sait qu’à chaque approche de l’automne

 

il découvre les traces d’une présence animale.

 

Son envie est forte de décrocher son fusil

 

et au matin, d’attendre le passage du sanglier.

 

Mais, cette fois, il veut l’observer en train de



descendre de la colline, renifler, gratter le sol,

 

entendre ses pas, son grognement et le bruit de

 

la terre soulevée par ses deux défenses acérées.

 

Cette nuit, pense-t-il,

 

la lune éclairera les rangs de vignes

 

sans trop faire d’ombres.

 

 

Plus loin, sur une autre colline, au sud,

 

le château de La Verdière  forme un décor irréel,

 

la scène d’un  théâtre où la vie est en cause,

 

son bien, et où l’animal sauvage, soucieux

 

de sa survie ne fait pas de différence

 

entre les bois de chênes et les champs de vignes.

 

Tout lui appartient de naissance

 

et si la vigne est bonne, les plantes des collines aussi.

 

La nuit tombe lentement.

 

Les sauterelles ne chantent plus.

 

L’air chaud sent le thym et le romarin.

 

Papé Guy a fermé la porte du cabanon

 

placé face au champ de vignes.

 

Un petit «  fenestron » permet d’observer.

 

Jaune, la lune envoie une lumière froide.

 

L’air se rafraîchit vite.

 

Le sanglier ne passera dans les vignes

 

qu’au petit matin. Le papé Guy s’endort,

 

assis, face au champ à l’intérieur du cabanon.

 

 

En haut de la colline, le sanglier de l’Auvière,

 

depuis le lever de la lune,

 

commence sa quête de  nourriture.

 

Sa masse lourde ondule avec agilité autour des arbres,

 

ses pieds s’appuient délicatement

 

sur les pierres instables.

 

Il descend doucement vers les vignes

 

La lune éclaire maintenant les  murs  du château.

 

Un rayon traverse le cabanon et tombe

 

sur le visage endormi du papé.

 

Il ne lui faut pas longtemps pour  se réveiller.

 

Et là !  entre deux rangées de vignes,

 

une masse sombre frôle les feuilles,

 

fouille le rang et mord les grappes sans distinction.

 

Les yeux du papé Guy brillent sous la lune.

 

Le sanglier de l’Auvière avance hors des rangs.

 

Son corps brille sous les rayons de lune.

 

Il redresse la tête.

 

Ses yeux petits et protégés par des paupières

 

sombres discernent  dans le cabanon le regard du

 

 papé. Prêtes à fuir, ses jambes courtes

 

 se raidissent . Rien ne bouge.

 

Le papé hypnotisé ne cligne pas des yeux.

 

Là, à deux mètres, le sanglier de l’Auvière

 

Le regarde.

 

Quel bel animal pense-t-il !

 

Il me détruit quelques grappes de vignes

 

mais j’ai besoin de le voir vivant.

 

Il me montre que je ne suis pas seul

 

à bénéficier de cette nature.

 

 

Le sanglier de l’Auvière hésite.

 

Il connaît  le bruit des hommes,

 

la détonation et les cris des chiens !

 

Mais là ! rien.

 

Rien que ce regard porté vers lui

 

sans haine.

 

 

Pardon l’homme de manger tes grappes

 

mais je le dois pour survivre.

 

Le papé ferme les yeux.

 

 

Le sanglier de l’Auviére se retourne et

 

dans une course rapide rejoint

 

sa colline et les bois de chênes.



 

 

                                                                                    FIN 

 

 

     ( la copie ou l'utilisation de ce texte est interdite sans l'autorisation de l'auteur)     

 

 



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