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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 13:00

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L’arbre  de  Gipounette ( suite )

 

 

ou 

 

Le  retour  de  l’homme  à  la  source  Poiraque

 

 

 Assis au pied de l’arbre    

dans le bois de Gipounette

Manon et Jean se tiennent la main.

L’eau de la source Poiraque

en un bruit cristallin

éclabousse les pierres.

Manon, sept ans d’insouciance

Jean, huit ans de rêveries

à l’ombre de l’arbre qui rafraîchit

l’air chaud du plateau de Valensole.

Tout serait simple si cet arbre

n’avait pas d’histoire !

Ses racines au pied de la source

se nourrissent de l’eau  fraîche,

ses branches cachées par mille feuilles

bougent doucement sous les effets du vent.

C’est un peu comme un réveil.

 Manon et Jean écoutent, l’oreille collée au tronc,

le battement des branches

qui résonne dans l’écorce.

Au pied de l’arbre, autour d’eux,

quelques branches mortes

gênent la pousse de l’herbe tendre.

Ils lancent des brindilles

au lit de la source.

Celles-ci flottent et dans une course rapide

se séparent, se rattrapent et

s’éloignent vers le bas du ravin.

L’arbre de Gipounette ressent quelques

 vibrations.

Il voudrait dire à ces enfants

combien le temps aide à la vie,

que son ombre, un jour, n’avait pas existée,

       que l’eau de la source baissait



      à cause de trop de négligences.

 

Manon et Jean ne savaient pas.

Ils riaient, jouaient, autour du tronc,

lançaient de l’eau, coupaient des branches.

 ls auraient aimé grimper sur l’arbre

mais celui-ci était trop grand.

De retour au mas, parmi les lavandes,

points bleus alignés sur la terre rouge

Manon et Jean demandèrent au papé

s’ils pouvaient emprunter l’échelle de bois

servant à hisser les bottes de lavandes.

Heureux de leur idée ils emportèrent

       l’échelle dans le bois de Gipounette

au pied de la source Poiraque.

Des pies s’envolèrent à leur vue

et se cachèrent sur les branches de l’arbre.

Lorsque l’échelle fut mise en place

      l’arbre de Gipounette eut  peur,

       Manon et Jean s’installèrent au cœur de l’arbre.

Le vent était chaud, les branches battaient

telles le cœur de l’arbre de Gipounette.

Ils riaient très forts, heureux,

 sans savoir qu’ils redonnaient

une vie humaine perdue depuis si longtemps

à cet arbre magnifique.

 

A la nuit longue, le matin frais  succéda

et,  couché sur l’herbe tendre

l’homme au chapeau s’étira

touchant de sa main étendue l’eau dela source.

L’arbre de Gipounette avait disparu !

Disparu en tant qu’arbre, mais transformé.

Ses branches devenues bras forts et noueux,

son tronc large, ses jambes robustes

et ses racines devenues pieds mouillés

par la source Poiraque.

 

      Temps long de l’absence, tel Ulysse

       après son long voyage

revient sur ses terres.

Il comprenait maintenant combien

il devrait protéger ce lieu, 

cette source,

offrande de la nature

à ces espaces désertiques, chauds

et terre  séchée par le souffle du mistral.

 

Manon et Jean écoutèrent cet homme :

sa transformation en arbre, et aujourd’hui,

son retour au pied de la source Poiraque.

 

Ils se placèrent contre lui et après

mille questions, décidèrent de planter

un arbre, qui grâce à l’eau de la source,

grandira et protégera cette terre.

                                                                            

 

 

                                                                           FIN

 

 

( la copie ou l'utilisation de ce texte est interdite sans l'autorisation de l'auteur)

 

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jean pierre duvialard - dans littérature
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