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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 13:12

 

 

Un peu avant l’an mil,

 

dans le royaume de Provence, encore italien,

 

s’édifia une forteresse à l’emplacement

 

d’une tour en bois, refuge des habitants

 

du fief de La Verdière, sur la route de

 

Castellanne à Arles. Route qui à cette époque

 

reliait l’Italie à l’Espagne.

 

Poules, chiens, cochons, chèvres et moutons

 

circulaient librement au sommet de la colline

 

calcaire couverte de chênes blancs et de chênes

 

verts délivrant les glands à l’automne.

 

A la venue des comtes de Castellane sur leurs

 

terres,les habitants se réunirent et s’opposèrent

 

à la création de cette forteresse destinée

 

à contenir une garnison de trois cents hommes.

 

Les habitants étaient menés par un berger

 

vigoureux et de grande taille.

 

 

Au bas de la tour en bois une petite chapelle

 

 

servait à accueillir les vieillards , les malades , les

 

 

femmes et les enfants qui, dans les périodes

 

 

troublées venaient y trouver asile.

 

 

Dans cette chapelle se réunissaient également

 

 

les proches du meneur nommé Nicolas.

 

 

Il portait un grand manteau de peaux, ouvert et

 

 

flottant sous le mistral et, entouré d’une centaine

 

 

de moutons, il était impressionnant .

 

 

Devant cette fronde, les comtes de Castellanne

 

 

firent venir les troupes afin de faire rendre

 

 

raison aux habitants du fief de La Verdière.

 

 

Les hommes armés mirent au pas les opposants

 

 

et les condamnèrent à la construction et à

 

 

l’entretien à vie de la forteresse en lieu et place

 

 

de la tour située à l’extrémité nord de la

 

 

colline. La petite chapelle et la tour en bois

 

 

furent détruites

 

 

afin de laisser la place à un château fortifié

 

 

composé de deux immenses salles superposées.

 

 

Sur le coté nord les comtes firent édifier une

 

 

petite église reliée directement à la forteresse.

 

 

Dans les soubassements, creusés dans la pierre,

 

 

des petites salles servant de cachots furent

 

 

également construites.

 

 

Le meneur de la fronde, Nicolas le berger, fut

 

 

attrapé après une longue chasse dans les bois

 

 

environnant la colline.

 

 

La soumission des habitants s’étant passée sans

 

 

faire couler le sang de part et d’autre, les

 

 

comtes laissèrent la vie sauve à Nicolas le

 

 

berger, mais il fut attaché

 

 

et condamné à casser des pierres jusqu'à la fin

 

 

de l’édification de la forteresse.

 

 

Après quelques mois, le 15 Août jour de

 

 

l’Assomption,

 

 

par une nuit d’été où le mistral dégageait le ciel

 

 

faisant apparaître des milliers d’étoiles, à la

 

 

levée du jour, les hommes chargés d’organiser

 

 

les travaux ne découvrirent à la place du berger

 

 

Nicolas qu’un grand manteau de peaux et une

 

 

aire de bottes posées sur les pierres.

 

 

Personne, même parmi les habitants , ne sut

 

 

ce qui s’était passé.

 

 

Les guetteurs n’avaient rien entendu, les chiens

 

 

n’avaient pas aboyé.

 

 

Sans ses habits pour se protéger le berger

 

 

risquait de ne pas aller très loin !

 

 

Certains parlaient de magie, d’autres de

 

 

sorcellerie !

 

 

Le berger vivant seul, pas un habitant du fief

 

 

de La Verdière ne reçu ses confidences.

 

 

Enfin… c’est ce que les habitants déclaraient !

 

 

 

Les mois passèrent, le château fortifié

 

 

apparaissait progressivement au sommet de la

 

 

colline de calcaire.

 

 

Tous les voyageurs passant sur la route

 

 

faisaient un arrêt pour admirer la puissance

 

 

de cette forteresse.

 

 

Seule une ouverture placée à coté de l’entrée

 

 

de la petite église donnait accès au château

 

 

fortifié. Une salle fut construite puis enfin une

 

 

autre où trois cents hommes de garnison

 

 

s’installèrent. Ils firent vivre les habitants

 

 

autour de la forteresse.

 

 

Viandes, légumes, fruits et vins produits sur

 

 

place rendaient cette région calme et prospère.

 

 

Seule , certaines nuits , à l’intérieur du

 

 

château, une curieuse vibration venant du

 

 

centre de la colline sur laquelle était bâtie la

 

 

forteresse indisposait les hommes durant leur

 

 

sommeil.

 

 

Cela se produisait de plus en plus souvent

 

 

laissant un curieux sentiment de malaise.

 

 

Les habitants les plus anciens qui avaient connu

 

 

la période où le château fut bâti se rappelèrent

 

 

la disparition étrange du berger Nicolas.

 

 

On parlait, on imaginait mille choses sur cette

 

 

vibration. On se souvenait que le berger

 

 

connaissait bien les alentours de la colline, les

 

 

différents passages et les petites grottes .

 

 

Pourquoi ne se serait-il pas caché au pied de la

 

 

colline vers l’ouest où coulait un beau ruisseau

 

 

et, de là, il aurait pu creuser une galerie qui

 

 

aboutirait au cœur de la forteresse ?

 

 

certaines parties basses du château se

 

 

couvraient de fentes qui s’élargissaient au fil du

 

 

temps.

 

 

Les creux construits dans la roche, pour servir

 

 

de cachots et de salles de tortures se

 

 

remplissaient progressivement de pierres

 

 

écroulées,

 

 

Comme si ces lieux ne devaient plus exister.

 

 

A chacun de leurs passages les seigneurs

 

constataient les dégradations et ces curieuses

 

vibrations venues du dessous de la forteresse.

 

Lors des fêtes et des réunions les habitants

 

écoutaient les anciens raconter leurs luttes

 

pour ne pas que se construise le château !

 

La garnison fut transportée dans un autre lieu !

 

Le château resta un très long temps inoccupé !

 

Et les habitants du fief de La Verdière

 

appelèrent leur église «  Assomption » , jour de

 

la disparition du berger Nicolas.

 

Encore aujourd’hui, mille ans plus tard, certains

 

habitants du village de La Verdière imaginent

 

les salles de tortures,les cachots et des

 

passages sous la colline conduisant au château

 

et même, certaines nuits, ils ressentent une

 

curieuse vibration……..mais chut !

 

laissons le mystère pour dans mille ans !!!!!!!!!

 

 

 

 

 

 

auteur  :  jean pierre  DUVIALARD

 

 

mystère au chateau de la verdière

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jean pierre duvialard - dans littérature
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