Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 13:35

les rois,les reines et les valets jouent au jeu du hasard et de l'amour , les plus forts ne sont pas toujours les gagnants !!!

jeu de cartes

Dans un étui de maroquin

Un jeu de cartes était rangé.

Brillantes et douces au toucher

Prêtes à être tenues en main.

C’était un jeu de trente-deux cartes,

Des cartes belles, bien dessinées.

Et sur le dessus de la boîte

Les quatre rois étaient rangés.

Alexandre, le roi de Trèfle

En forme de porte-bonheur.

Il était têtu comme un buffle

Et il était toujours vainqueur.

Un roi tranquille, un roi serein

Et son regard était d’airain,

De qui jamais n’hésitera

Avant de marcher au combat.

Puis César le roi de Carreau

D’un rouge éclatant de flambeau.

On murmurait dedans l’étui

Qu’il craignait de risquer sa vie

Car il se tenait à carreau

Quand le jeu se nommait Bataille

Et c’est souvent, vaille que vaille

Qu’il peinait à être héros.

Et puis David, le roi de Pique

Noir et aigu comme un épieu.

Il montrait de par ses mimiques

Que le combat lui était jeu.

On le craignait, on l’évitait.

Les deux, les trois, humbles vassaux

Courbaient le front et le fuyaient

Quand sa pique se dressait bien haut.

Quant à Charles, rouge roi de Cœur,

Il se savait beau et aimé.

Son cœur était tout en rondeur,

Doux au regard, tendre à aimer.

On enviait ses belles manières

Et sa prestance cavalière.

Il se pensait le roi des rois

Et cela se disait tout bas.

Et cette partie faisait rage

Quatre joueurs en plein ouvrage.

Après la donne et quelques plis

Les quatre rois étaient partis.

Eux qui toujours restaient groupés

S’inquiétaient d’être séparés

Mêlés aux cartes à petits points

Dont on se défaussait soudain.

Puis quand le jeu était coupé

Tout à coup ils se retrouvaient.

Les joueurs abattant leurs cartes

En prenaient d’autres en grande hâte.

Les joueurs s’exclamaient en chœur.

Cela durait depuis des heures…

Parfois, les rois formaient des paires

Mais étaient vite mélangés.

Si l’un d’entre eux tombait à terre,

Une main prompte le ramassait.

Bien vite le jeu reprenait

Et les cartes redistribuées.

Battus, coupés, les quatre rois

Subissaient tout avec émoi

Et quand les joueurs fatigués

Posaient leurs cartes, face cachée

Et prenaient un temps de repos

Afin de se payer un pot,

Les quatre rois, tout effarés,

Parmi les cartes se cherchaient.

Mais vite, la fièvre du jeu

De nouveau brûlait dans les yeux

Regroupant autour du tapis

Les quatre joueurs, des amis.

Les hommes jouaient en silence,

Le front plissé, lèvres serrées

Et la fumée devenait dense

Quand les cigares se consumaient.

Parfois l’un d’eux, d’une voix rauque

Réclamait un demi bien frais

Et dans la lumière un peu glauque

Se discernait le bock givré.

Par la fumée des cigarettes,

L’air était lourd et parfumé.

Quelqu’un ouvrait une fenêtre,

Un autre joueur la fermait.

Les quatre rois bien malmenés

Essayaient de se libérer.

Le roi de Trèfle se démenait.

Le roi de Carreau se cachait.

Le roi de Pique se bagarrait.

Le roi de Cœur le retenait.

Et quand la lune se coucha

Chaque joueur rentra chez soi,

Laissant la pioche abandonnée,

Le jeu de cartes éparpillé.

Dans le silence retrouvé

Les quatre rois cherchaient leurs dames.

Ce n’était pas chose aisée

Ils y mettaient toute leur âme.

Le roi de Trèfle se penchait

Cherchant Argine, son adorée.

Le roi de Carreau, tout tremblant

Appelait Rachel doucement.

Le roi de Pique criait : Pallas!

En imposant sa large masse.

Le roi de Cœur, tout palpitant

Cherchait Judith en murmurant.

Afin de mieux scruter au loin

Les quatre rois firent édifier

Un grand château pour y monter

Tel un donjon des jours anciens.

Le menu peuple se groupa

Créant bientôt cet édifice.

Alors, par quelque maléfice

Le château de cartes chuta.

Le roi de Trèfle se penchait

Cherchant Argine, son adorée.

Le roi de Carreau, tout tremblant

Appelait Rachel doucement.

Le roi de Pique criait : Pallas!

En imposant sa large masse.

Le roi de Cœur, tout palpitant

Cherchait Judith en murmurant.

Afin de mieux scruter au loin

Les quatre rois firent édifier

Un grand château pour y monter

Tel un donjon des jours anciens.

Le menu peuple se groupa

Créant bientôt cet édifice.

Alors, par quelque maléfice

Le château de cartes chuta.

Et c’est alors que les rois

Découvrirent avec effroi

Que leurs dames étaient parties

Avec… les valets sans un bruit.

Hector, Ogier, Lahire, Lancelot

Ces jeunes hommes étaient si beaux .

Mésalliance me direz-vous.

Mais comme le sait chacun de nous,

En amour, c’est de bonne guerre

Tout valet peut être joker !

auteure : Claudine DUVIALARD

Partager cet article

Repost 0
cordel- jean pierre duvialard - dans littérature
commenter cet article

commentaires

olivier de vergnies 09/03/2015 22:36

Merci pour cet article .

Présentation

  • : cordels.over-blog.com
  •  cordels.over-blog.com
  • : Afin de perpétuer la littérature de cordel en France et, de plus, éditer des cordels de façon artisanale, pourquoi ne pas fabriquer du papier recyclé, imprimer dessus des textes imprégnés d’imaginaire, des poèmes… et, sur la couverture, conserver le principe d’une gravure sur bois résumant le récit.
  • Contact

Recherche

Liens