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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:45
Mimosa l'ânesse de Penroc

Grise, une croix plus sombre sur le dos

Mimosa de race provençale

Est née et vit en Bretagne.

Penroc, lieu-dit, verdoyant d’herbes,

une terre humide, une source, un puits.

Plus haut, dans son enclos, une terre sèche où

Mimosa se roule les quatre sabots en l’air soulevant

un nuage de poussière emporté par le vent.

Jeune, deux moutons noirs de race ouessant

accompagnaient ses courses et ruades joyeuses.

Maintenant plus grande, plus forte,

les moutons ont été placés dans un autre pré.

L’enclos qui préserve Mimosa devenait trop petit.

Seuls des poules et des coqs nains passent

rapidement dans l’enclos, de peur d’être écrasés par

l’ânesse qui se fait un plaisir de les poursuivre.

Telle un gros chien, l’ânesse Mimosa surveille les

alentours.

Un petit chemin au bord de l’enclos

conduit vers une rivière poissonneuse.

Des enfants passent. Mimosa courre à leur

rencontre !un voisin pêcheur, la canne à l’épaule,

lui caresse le museau, fouille dans sa poche

où un croûton de pain lui est réservé.

Mimosa aime la compagnie, les caresses

et parfois son maître a le bonheur

de sa tête posée sur son épaule,

yeux dans les yeux,

odeur mêlée d’herbes et de crinière,

sa langue chaude et humide passe sur son bras.

Il a bien essayé de monter sur sa croupe

mais Mimosa est indépendante !

Elle se cabre, tourne brutalement

faisant tomber l’intrus !

Son grand plaisir, la promenade

dans les petits chemins environnants.

Au milieu des champs de maïs

l’herbe des bordures de chemins est goûteuse.

Mimosa se sent libre surtout lorsque ses maîtres

défont délicatement la longe.

Alors, elle peut, dans un trot rapide,

Partir en avant d’eux et surtout se cacher

A l’ abri d’un arbre et profiter de l’herbe

Différente de l’enclos .

Ses maîtres arrivent, la caressent, la rattachent

Et , après quelques heures de cette promenade

Sur les chemins, au bord des routes, au bord de la

rivière Mimosa retrouve l’enclos, heureuse .

Un jour, une petite carriole métallique

S’ajoute à son harnachement.

Mimosa aime bien car les deux brancards la guident.

Elle se sent en sécurité.

Assis à l’arrière ses deux maîtres et leur chienne

Sont fiers d’être conduits par leur ânesse Mimosa.

Lorsque le chemin s’y prête, un petit trot,

un petit galop secoue la carriole.

La chienne n’apprécie pas et saute sur le côté !

Mimosa aime, elle est joueuse,

et surtout, si la chienne essaie de la doubler

l’ânesse se place sur le côté l’empêchant de la

dépasser.

Mimosa domine, elle savoure.

La pluie et le froid n’ont pas d’effets sur Mimosa.

L’hiver lorsque quelques flocons de neige

se posent sur sa crinière, son souffle devient

brumeux, ses paupières se baissent et à l’abri d’une

remise elle se sèche tirant sur de la paille placée

pour ses repas.

Les années passent tranquilles et Mimosa,

du lieu-dit Penroc ,en Bretagne, entend au loin

les braiements d’un autre âne.

Son instinct, ses sens sont en éveil.

Quelque chose lui manque !

Sous sa queue une curieuse vibration

rend son caractère plus ombrageux.

Même les caresses de ses maîtres ne suffisent plus

pour calmer cette envie profonde d’autre chose.

Ceux-ci ressentent chez leur ânesse ce besoin

et décident d’un commun accord

de la laisser s’approcher d’un âne.

Basile est très velu ! un âne du Poitou dit-on !

A la découverte de cette magnifique ânesse

son sang d’étalon se réchauffe.

Il la frôle, lui mord légèrement le cou.

Mimosa se détourne, s’éloigne jauge l’âne.

Basile revient, se colle, la renifle, la mord à

nouveau. Et ainsi se passa la première rencontre de

Basile et Mimosa !Durant plusieurs jours les deux

ânes ,

eurent pleins d’échanges. Mimosa découvrit

la force de son compagnon mais sans le fuir.

Les mois passèrent et les maîtres de Basile

remplacèrent les maîtres qui avaient élevés

Mimosa.

Des enfants s’ajoutèrent à ses jeux et promenades.

Elle oublia Penroc , son enclos, sa carriole.

Mimosa mit au monde une petite ânesse.

Elle la nourrit, la protégea sous l’œil admiratif

de sa nouvelle famille.

Parfois elle se souvenait des promenades,

de sa tranquillité à vivre.

Seule elle ne s’ennuyait pas mais la présence

de l’âne Basile changeait la donne.

Ses galopades dans le pré, ses ruades,

ses courses avec l’âne faisaient l’admiration de

tous.

Aujourd’hui, ses anciens maîtres ont quittés

Penroc, ont quittés la Bretagne.

Ils sont en Provence où courent dans les garrigues

et les près séchés par le soleil des ânes

de la race provençale , comme Mimosa ,

la même croix foncée sur leur dos gris.

Ils ne peuvent s’empêcher de penser avec nostalgie

aux riches heures passées en compagnie de

Mimosa.

Chacun suit son chemin .

humains et animaux !

L’important est la trace indélébile

du bonheur reçu.

Petits et grands moments

immuables, ancrés dans la mémoire,

indispensables détails permettant

de pouvoir en recréer d’autres.

auteur : jean pierre DUVIALARD

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cordel-jean pierre duvialard - dans littérature
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